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« Que le récipiendaire s’avance… »

« Que le récipiendaire s’avance… »

-« Que le récipiendaire s’avance ! »
-« Quoi ?! Il traite mon frère de récipient d’air ?!!! »

Voici un échange auquel j’ai eu l’occasion d’assister il y a quelques temps.
J’en ai souri avant d’en être fortement attristée, la maîtrise du langage étant à la base de toute compréhension fine du monde, à la base de la cohésion sociale.
Tablette latin
Que penser alors du nombre d’heures d’apprentissage du Latin (et/ou du Grec) de plus en plus réduit au collège ?
Trop élitiste semble t’il
« Langue morte » comme je l’entends souvent.
Morte signifie pour une langue « qui n’évolue plus, ne se transforme plus ». Morte ne veut pas dire « disparue ».

La preuve par un exemple (en italique dans le texte)
Imaginons l’emploi du temps d’un jeune diplômé à la recherche d’un travail.

Il démarrera sa journée a priori face à un lavabo, à moins qu’il ne préfère consulter dès le réveil son agenda électronique sur Nexus. S’il réside intra-muros, il montera dans un bus, rarement gratis, et sans hic majeur se trouvera sur son lieu de RDV illico presto. En cas de retard, les embouteillages lui serviront d’alibi.
Arrivé dans les locaux de la société d’intérim qu’il a choisie, il déposera son curriculum vitae, une lettre de motivation appuyant sur certains points de son cursus et portant son visa, ainsi que le dossier -réclamé par la société d’intérim- dont toutes les pages seront paraphées recto-verso. Il en obtiendra un récépissé.
A l’heure du déjeuner, il s’arrêtera dans un restaurant -qui propose les sushis ad libudum – où il côtoiera quidams ou célébrités cherchant elles à passer incognito.
L’après midi, il se rendra dans un forum de jeunes entrepreneurs avant de flâner dans les allées d’une exposition d’ex-voto et fac-simile de textes sacrés.
Vers 18h il rejoindra quelques amis, dont certains à l’ego surdimensionné… et discutera avec eux aussi bien des quotas laitiers, que des derniers exploits du libero de leur club de football favori, club sur la voix d’un accessit.
Aux environs de 20h30 il entrera dans un auditorium, réputé être le nec plus ultra, afin d’écouter l’Adagio d’Albinoni en G mineur ou le Requiem de D mineur de Mozart.

Nous constatons ipso facto que ce texte n’a nul besoin d’être « traduit » en français pour être compris.
A condition toutefois d’avoir à son vocabulaire un minimum de 4000 mots et non moins de 1000 comme s’en contentent au quotidien certains élèves de 14 ans (cf. article du figaro.fr)

Il est normal qu’une langue évolue, il est triste qu’elle s’appauvrisse. Lorsque les mots manquent, la violence les remplace. (Cf. Impuissance Linguistique : Violence et Soumission . Professeur Alain Bentolila)
Lorsque le sens des mots et leur origine sont perdus, c’est la pensée elle-même qui est perdue.
Apprendre le latin, le grec, permet de revenir à l’origine d’un mot et en faire usage à bon escient.
Le langage n’est pas une simple convention, il est structurant de la pensée. (Cf. Cours de philosophie : « Comment concevoir les rapports de la pensée et du langage ? »)
Comment, sans maitriser a minima la langue, penser la complexité ? Comment sans connaissances communes conserver la démocratie qui exige ces savoirs ?

Faudrait-il pour éviter tout statut quo, un « référent d’homme* » sur l’épineux sujet du « latin pour tous » ?
(*Referendum)

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